Lavement intestinal

Lavement intestinal : comment nettoyer son colon naturellement ?

Constipation, douleurs, ballonnements… le côlon peut être soumis à toutes sortes de désagréments au quotidien. Quand ces derniers deviennent trop gênants, il est temps d’intervenir.

Pour cela, il existe de multiples solutions, des plus conventionnelles aux plus naturelles. Parmi ces méthodes, l’une fait particulièrement parler d’elle en ce moment : le lavement intestinal, aussi connu sous le nom d’irrigation du côlon ou d’hydrothérapie.

Bien que controversée dans le corps médical, cette technique ancienne compte son lot d’adeptes.

Convaincus des bienfaits du lavement intestinal, ceux-ci s’y adonnent de manière régulière avec, bien souvent, l’aide de professionnels formés et équipés.

Mais au fait, en quoi ça consiste concrètement l’irrigation du côlon ? A quoi sert-elle ?  Y’a-t-il des risques inhérents à cette pratique ? Pour répondre à ces questions, nos experts santé vous font découvrir dans ce dossier tout ce qu’il faut savoir sur le lavement intestinal avant de sauter le pas !

Irrigation du colon, kézako ?

Hydrothérapie, irrigation colonique, lavement intestinal… les termes pour désigner cette méthode à la mode sont nombreux et participent de l’ésotérisme qui l’entoure.

Une méthode hygiéniste en vogue

De plus en plus pratiquée dans des pays occidentaux comme la France, l’Allemagne ou la Suisse, l’irrigation du côlon est une technique de purification. Sans aucun rapport avec le lavement anal, elle vise principalement à soulager les personnes souffrant de constipation, de ballonnements ou de diarrhées.

Le procédé consiste à irriguer le gros intestin d’eau en passant un tuyau par le rectum. L’eau passe ainsi à travers l’intégralité du côlon jusqu’à l’intestin grêle.

L’enjeu est simple : débarrasser le côlon des dépôts de fibres, mucus, selles et cellules accumulés au fil des ans et restés coincés depuis.

Pour les personnes souffrant de ballonnements, le but est aussi de parvenir à évacuer les gaz indélogeables.

Après injection du liquide, celui-ci ressort de lui-même grâce au phénomène de péristaltisme intestinal. C’est l’eau qui, au contact du colon, provoque la production d’électrolytes qui vont activer la motilité intestinale.

Le lavement intestinal, une pratique ancestrale

Plus qu’une simple tendance éphémère, l’histoire du lavement montre que cette méthode est mise en pratique depuis des millénaires. De fait, les premières mentions dans l’histoire remontent au temps des pharaons !

Grecs, romains et chinois ont également usé de ce procédé qui s’installera durablement à partir du Moyen-Âge et connaîtra son apogée aux XVIIème et XVIIIème siècles. Souvent aidés par des pharmaciens ou des serviteurs, ses adeptes agiront par la suite de façon autonome à partir du XIXème siècle.

Au début du XXème siècle, les écrits du Dr Kellogg popularisent la pratique dans la médecine moderne. Toutefois, l’arrivée des laxatifs fait tomber en désuétude le lavement, considéré depuis comme inutile par la majorité de la sphère médicale.

Les techniques utilisées ont connu également des évolutions avec l’apparition notable du caoutchouc. Avant cela, l’introduction de l’eau se faisait avec un clystère, une seringue en étain accompagnée d’un entonnoir. Aujourd’hui encore, des différences subsistent d’une région du globe à une autre.

Dans la médecine ayurveda, en Inde, la méthode « basti » remplace l’eau par une huile tiède dans le but de lubrifier le côlon afin de faciliter son évacuation.

De nos jours, en France, le lavement du côlon est effectué par des spécialistes formés à la pratique.

De manière exceptionnelle, elle peut se faire à l’hôpital dans le cadre d’un traitement thérapeutique visant à soulager les cas de constipation extrême ou de fécalome.

Les bienfaits de l’hydrothérapie

Comme expliqué précédemment, le but du lavement intestinal est d’évacuer les résidus alimentaires qui stagnent dans la cavité du côlon.

Pour les tenants de cette méthode, ces dépôts peuvent, à termes, intoxiquer l’organisme en formant une plaque (la « plaque mucoïde ») à la source de nombreux maux. Constipation, diarrhées, ballonnements, fatigue, intolérances alimentaires et autres pourraient en être les symptômes.

En éliminant la plaque mucoïde, l’hydrothérapie désintoxiquerait ainsi le corps et lui redonnerait toute sa vitalité en stimulant le système immunitaire.

Elle permettrait également de se décharger de certaines toxines et métaux lourds ingérés en même temps que les résidus de pesticides ou de médicaments.

L’irrigation du côlon en pratique

Nous voici arrivés à la question que tout le monde se pose : concrètement, comment se passe une session d’hydrothérapie ?

Le déroulé d’une séance

La séance se déroule allongé sur une table de soin, de côté, le corps recouvert d’une serviette. Une double canule est insérée dans le rectum afin de permettre l’introduction du liquide d’un côté et l’évacuation des déchets de l’autre. Ce liquide est généralement de l’eau passée par une phase de filtration et de rééquilibrage en ions.

Il est cependant possible, dans certains cas, que l’eau soit mélangée à des huiles essentielles ou des probiotiques afin de renforcer ses effets. Pendant le déroulé d’une session, le professionnel est souvent amené à masser délicatement le ventre afin de favoriser la circulation de l’eau à l’intérieur de l’intestin.

Une séance dure environ 1 heure pendant laquelle plusieurs litres d’eau sont lentement insérés (de 3 à 4 litres). La procédure est indolore et le risque minime compte tenu des évolutions technologiques.

En effet, les machines spécialisées dans l’hydrothérapie s’arrêtent automatiquement en cas de blocage de l’intestin.

À quelle fréquence faut-il nettoyer son côlon ?

En règle général, une à deux séances d’hydrothérapie par an sont suffisantes pour la majeure partie des individus. Toutefois, dans le cas d’une maladie chronique comme la colopathie fonctionnelle, des séances hebdomadaires sont également envisageables.

Pour en savoir plus, mieux vaut s’adresser à une clinique spécialisée qui pourra vous conseiller en fonction de vos troubles et de vos moyens.

Vers qui se tourner pour un lavement intestinal ?

Il existe aujourd’hui plusieurs façons de nettoyer son côlon. La première, la plus recommandée, est de passer par un professionnel certifié. On dénombre en effet plusieurs risques liés à la pratique de l’irrigation (perforation du côlon, inflammation, contamination, etc.).

Pour avoir l’esprit tranquille et être détendu pendant le traitement, mieux vaut être entre de bonnes mains ! Les professionnels sont bien souvent des naturopathes ou autres thérapeutes formés aux médecines douces. Ils peuvent être indépendants ou bien rattachés à un centre de bien-être.

Lors du premier rendez-vous, le soignant va d’abord évaluer votre état de santé et analyser vos besoins de façon personnalisée. Il vous informera notamment des contre-indications notables comme une grossesse ou une maladie inflammatoire chronique.

Il peut aussi vous recommander la prise de produits naturels ou la pratique d’un régime particulier en amont d’une séance et ce, afin de rendre le traitement plus efficient.

Comme la profession d’hydrothérapeute n’est pas réglementée en France, mieux vaut être prudent la première fois. Il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès du praticien sur sa formation, sa certification et son appartenance éventuelle à une association. Cela permet d’établir une relation de confiance et d’éviter les charlatans.

De même, il est recommandé de s’assurer de la qualité de l’hygiène sur place et notamment de l’équipement qui peut transmettre des bactéries dangereuses si mal stérilisé. La double canule doit notamment être remplacée à neuf à chaque session.

Quel-est le prix d’une séance d’hydrothérapie ?

Comptez en moyenne 90€ pour une séance d’une heure mais sachez que certains praticiens proposent des formules moins chères si vous envisagez de répéter l’expérience à plusieurs reprises.

A raison d’une séance par semestre, le prix reste tout à fait raisonnable sur une année.

En revanche, pour une fréquence plus élevée, il peut être intéressant d’investir dans un kit de lavement spécialisé en complément du traitement chez un professionnel.

Comment faire un lavement depuis chez soi ?

Si vos finances sont dans le rouge et que le prix chez un thérapeute professionnel vous empêche d’effectuer un lavement, il est possible de réaliser le nettoyage de votre côlon depuis chez vous pour pas cher.

Pour ce faire, il importe tout de même de prendre quelques précautions. Assurez-vous par exemple que votre équipement est bien stérilisé avant de l’utiliser. De même, renseignez-vous sur les contre-indications à l’hydrothérapie (voir section « Les contre-indications à l’hydrothérapie »).

Evitez également d’utiliser de l’eau du robinet et préférez-lui de l’eau filtrée ou minérale. La veille du lavement, veillez à privilégier des aliments liquides comme de la soupe ou des jus de fruit ou de légume.

Ensuite, préparez le matériel dont vous aurez besoin comme :

  • De vieilles serviettes éponges dont vous ne vous servez plus
  • Un kit de lavement (bock à lavement souple avec canule)
  • 2 à 3 litres d’eau à une température de 37°

Installez-vous dans un endroit calme et confortable et à proximité des toilettes. Vous pouvez vous allonger sur des serviettes au niveau du sol ou bien sur une table. Accrochez ensuite la poche à lavement à une hauteur d’environ 1 mètre et demi au-dessus de vous.

Puis, insérez la canule, lubrifiée au préalable, dans votre anus. Prenez le temps de respirer lentement à chaque étape. Une fois prêt, relâchez progressivement l’eau afin que celle-ci pénètre votre rectum.

Allez-y doucement et décontractez vos sphincters au maximum pour absorber le plus d’eau possible. N’hésitez pas à masser votre ventre en même temps pour favoriser le décollement des résidus dans votre intestin.

Une fois que vous ressentez des mouvements péristaltiques et qu’une envie pressante vous prend, dirigez-vous vers les toilettes afin d’évacuer le contenu de votre intestin. Comptez environ une demi-heure pour effectuer la procédure dans son ensemble.

Débats et prévention autour du lavement intestinal

Encore aujourd’hui, les discussions autour de l’hydrothérapie sont animées et les désaccords nombreux. Certains médecins remettent en cause cette pratique et tentent d’avertir sur les effets nocifs des lavements.

Le lavement, vraie solution ou remède sans fondements ?

D’un côté une communauté scientifique circonspecte, voire carrément hostile à la pratique de l’irrigation du côlon. De l’autre, des milliers de personnes convaincues des bienfaits de cette pratique sur leur organisme. Entre les deux groupes, une incompréhension presque totale.

Car même si le lavement intestinal a été progressivement délaissé avec l’apparition de nouveaux traitements médicamenteux (comme les laxatifs), de nombreux irréductibles continuent de louer ses effets sur l’organisme.

Et cela, en dépit de la publication de nombreuses études scientifiques jetant le doute sur cette pratique ancestrale.

En effet, peu d’études sont parvenues à démontrer l’action bénéfique que peut avoir le lavement intestinal sur des troubles courants comme la constipation, la diarrhée ou d’autres maladies chroniques.

De même, la relation mise en avant par les soutiens de l’hydrothérapie entre encrassement du côlon et affaiblissement du système immunitaire est encore réfutée par la communauté scientifique.

À noter tout de même qu’une étude scientifique a permis de démontrer une amélioration de la motricité intestinale chez 42% des sujets traités à l’hydrothérapie, une réduction des gaz pour 49% des patients ainsi qu’un sentiment de mieux-être dans 65% des cas.

Par ailleurs, il n’est pas rare de trouver de nombreux témoignages de personnes ayant soulagé leurs maux par la pratique de l’irrigation du côlon.

Irritabilité diminuée, regain d’énergie, ballonnements disparus… la liste de ces améliorations est longue ! Le bouche à oreille continue donc de fonctionner et de propager cette technique millénaire à travers le monde.

Les contre-indications à l’hydrothérapie

Attention, certaines personnes ne devraient jamais avoir recours à l’irrigation du côlon. Les individus atteints par la maladie de Crohn, des tumeurs intestinales ou de graves hémorroïdes doivent à tout prix s’abstenir d’utiliser cette méthode, sauf sur avis d’un médecin.

De même, les femmes enceintes et les personnes ayant récemment subi une opération du système digestif sont considérés comme étant des individus à risque.

Les effets secondaires possibles

Comme tout traitement physiologique, l’irrigation du côlon comporte certains risques et effets secondaires. Selon une étude américaine de l’université de médecine de Georgetown, le lavement intestinal peut ainsi générer des phénomènes de diarrhée, vomissements et nausées.

Répété trop fréquemment, il peut aussi induire une carence en minéraux qui peut à son tour provoquer une déshydratation.

Une dégradation de la flore intestinale peut quant à elle endommager la muqueuse du gros intestin et la rendre perméable aux toxines en tous genres. Sans compter les risques d’inflammation ou de perforation du côlon suite à une mauvaise manipulation.

Quoi qu’il en soit, en suivant certaines recommandations, les risques demeurent limités. Du moment que l’eau utilisée est bien équilibrée en ions et que le matériel reste stérile en tout temps, le danger est écarté.

Il est malgré tout recommandé de passer par un professionnel certifié pour ne rien laisser au hasard.

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