Femme fontaine

Femme fontaine : tout savoir sur « l’éjaculation féminine »

Sujet tabou par excellence, l’« éjaculation féminine » demeure en partie un mystère sur lequel les scientifiques tentent définitivement de lever le voile.

Souvent vécu comme une honte par les femmes dites « fontaines » et, au contraire, comme un phénomène au fort potentiel érotique par la gent masculine, ce jaillissement déroutant n’a pas fini de faire parler de lui !

En cause le nombre croissant de femmes qui se disent désormais concernées par la chose et l’intérêt en hausse des sexologues depuis les années 1970.

Rien que sur le moteur de recherche Google, on dénombre près de 2 millions de recherches liées au seul sujet de l’éjaculation féminine. Un chiffre en réalité pas si surprenant quand on sait que 10% des femmes ont déjà vécu ce phénomène et que 75% d’entre elles expulsent du liquide au moment de l’orgasme.

La femme fontaine dans l’histoire

Loin d’être un phénomène nouveau, l’éjaculation féminine a fait l’objet de nombreuses discussions et débats dans l’histoire de l’Homme. Souvent mythifiées, les femmes fontaines ont exercé une fascination sans équivalent dans de nombreuses civilisations.

Leur rareté expliquait alors la fascination qu’elles exerçaient. Selon les cultures, elles pouvaient être encensées ou, au contraire, violemment rejetées.

A certaine époque, on parlait même de sorcellerie ou de magie noire. Longtemps bridé, le plaisir féminin faisait peur à l’époque et l’idée d’une expression si intense de la jouissance féminine renvoyait à une sexualité malsaine.

Mais, cette vision des choses n’était pas partagée de tous. Au IVème siècle avant J-C, Hippocrate attribuait ainsi au liquide expulsé un fort pouvoir de procréation. Il y avait là l’idée que ce liquide était une semence comme le sperme de l’homme et qu’il jouait, à ce titre, un rôle dans la procréation.

Ailleurs, comme en Inde, les femmes fontaines sont depuis longtemps connues et leur liquide éjaculatoire est même parfois appelé « nectar de lotus » ou « nectar des dieux ». Il est même conseillé de consommer ce précieux liquide réputé nutritif du fait de sa forte teneur en vitamines et en sels minéraux.

Des statues de déesses « fontaines » ornent même la façade de certains temples tantriques. En Afrique, et plus précisément au Rwanda, on considère également ces femmes comme des déesses dont le « kunyaza » – le liquide – est considéré comme sacré.

En France, ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du XXème siècle que l’on s’intéresse de plus près à ce « débordement orgasmique ». Avec l’avénement de nombreuses méthodes de contraception (dont la pilule contraceptive), la pratique sexuelle est enfin perçue comme pouvant être « récréative », ce qui a amené de nombreux professionnels à s’intéresser sur le sujet. Mais dans un premier temps, on considère cet orgasme comme un signe d’incontinence urinaire.

Il faudra attendre l’année 2007 pour que l’on puisse enfin affirmer avec force que les femmes fontaines ne sont pas l’expression d’une maladie ou d’un trouble physiologique.

Des travaux plus approfondis ont permis depuis d’en savoir plus sur l’éjaculation des femmes et de nous éclairer.

Qu’est-ce qu’une femme fontaine ?

Mais qu’ont de particulier ces femmes qui ne semblent se distinguer des autres qu’au moment de l’acte sexuel ?

Les femmes fontaines ont en fait la particularité d’expulser une grande quantité de liquide – jusqu’à 30 cl – au moment de l’orgasme ou lors d’une stimulation sexuelle intense.

Si la sécrétion de liquide pendant l’acte sexuel est un phénomène commun et naturel pour la grande majorité de la gent féminine, la différence se situe ici sur la puissance du jet et la quantité projetée.

A noter que des facteurs comme l’âge et l’origine géographique n’ont apparemment aucun impact sur le pourcentage de femmes fontaines dans une société.

On ne peut donc pas circonscrire le phénomène à une catégorie de femmes bien précise. De même, le phénomène peut varier d’une femme à une autre. Certaines expulsent de très grandes quantités de liquide par un jet puissant quand d’autres le font avec plus de douceur, en cascade.

Enfin, l’orgasme et l’éjaculation féminine ne vont pas toujours de pair. Pour certaines femmes, l’éjaculation se produit avant (et même parfois après). Mais, dans tous les cas, il doit y avoir stimulation pour déclencher le jaillissement.

Ce qui est sûr, c’est que toutes les femmes concernées passent par différents stades émotionnels lors de la découverte de ce « super pouvoir ». Celles qui le vivent bien sont souvent capables d’assumer leur « condition » pour en faire une force et un objet de fascination érotique.

A l’inverse, certaines femmes ont très peur de ce phénomène incontrôlé.

Ejaculation féminine = femme fontaine ?

Les progrès de la science et l’intérêt croissant de la médecine pour le plaisir féminin ont permis de lever en partie le voile sur ce phénomène curieux. Et de faire la différence entre « éjaculation féminine » et « femmes fontaines ».

Dans le premier cas, il s’agirait en fait d’un liquide généré par des glandes entourant l’urètre et appelées « glandes de Skène ».

Ces glandes, considérées comme le pendant féminin de la prostate par certains médecins, seraient activées lors d’une excitation prolongée du point G et produiraient alors un liquide.

Seules les femmes disposant d’une telle glande pourraient ainsi éjaculer. Néanmoins, cet éjaculat dont la composition est proche du liquide prostatique de l’homme (phosphatases acides, zinc, protéine de prostate) ne dépasse pas un millilitre en quantité.

Les femmes fontaines, quant à elles, expulseraient un liquide d’une toute autre nature. Il s’agirait en fait d’un liquide issu de la vessie et passant par les voies urinaires. Des chercheurs scientifiques français, emmenés par le Dr. Samuel Salama, ont analysé ce phénomène en étudiant plusieurs cas de femmes fontaines dont la vessie était vide avant d’être stimulées sexuellement.

Ils ont ainsi pu démontrer que, lors de l’excitation sexuelle, la vessie se remplissait à très grande vitesse avant d’évacuer subitement son contenu au moment de l’orgasme. L’augmentation de la vitesse de circulation et de filtration du sang dans l’organisme, due à l’effort et l’excitation durant l’acte, serait à l’origine de ce phénomène.

De quoi est fait le liquide expulsé ?

En même temps qu’ils démystifiaient enfin le mythe de la femme fontaine, le Dr. Samuel Salama et son équipe de recherche en ont profité pour analyser la composition de ce geyser orgasmique.

Inodore, incolore et ressemblant à de l’eau, le liquide expulsé serait en fait de l’urine extrêmement diluée produite par les reins et libérée via l’urètre. S’y mêlerait aussi, selon les femmes, de l’éjaculat féminin émis par les glandes de Skene.

Une nouvelle rassurante pour les femmes angoissées à l’idée d’uriner sur leur partenaire ! Le liquide libéré est en fait bien plus proche de l’eau que de l’urine compte tenu de son taux quasi nul d’urée. Et pas d’inquiétude pour les draps puisqu’il ne tâche pas !

Un phénomène réservé à une minorité ?

Si l’éjaculation féminine ne concerne que les femmes dotées d’une glande de Skene, toutes les femmes peuvent devenir des femmes fontaines.

En effet, contrairement à l’éjaculation féminine, le phénomène vécu par les femmes fontaines correspond à un mécanisme physiologique. Il peut donc être « activé » par n’importe qui !

Mais aujourd’hui, moins d’un tiers des femmes auraient déjà expérimenté cette singularité.

De plus, par peur d’être stigmatisées, peu d’entre elles consentent à partager leur expérience avec leur entourage féminin. En l’absence de dialogue autour de ce sujet intrigant, peu de femmes sont informées de cette possibilité.

Qu’en pensent les femmes ?

Même si les progrès de la médecine ont permis de lever en grande partie le mystère des femmes fontaines, ce phénomène reste toujours aujourd’hui une source de souffrance pour bon nombre d’entre elles.

Beaucoup ressentent en effet de la honte devant leur partenaire quand cela arrive. Surtout compte tenu du fait que la première fois est bien souvent une surprise !

D’autres craignent tout simplement d’être devenues incontinentes. Ces peurs sont renforcées par l’ignorance qui entoure le sexe féminin ainsi que par le message culpabilisant transmis dans la société vis-à-vis du plaisir féminin.

La réaction du partenaire masculin ou féminin joue également un grand rôle dans l’acceptation de ce phénomène par les femmes fontaines. Selon que celui-ci exprime du dégout, de la surprise ou de la bienveillance suite à l’expulsion du fluide, l’impact psychologique change du tout au tout.

Dans le pire des cas, des troubles psychologiques peuvent se déclarer, caractérisés par des stratégies d’évitement de l’acte sexuel.

Peur de mouiller abondamment les draps ou peur qu’une odeur d’urine se dégage, les raisons sont multiples. Mais, comme le rappellent de nombreux psychologues, ces craintes sont rarement justifiées. D’abord parce que le liquide dégagé est inodore et, d’autre part, parce que les réactions des hommes sont souvent positives.

Enfin, il existe une inquiétude souvent inconsciente liée aux interdits et tabous qui ont longtemps entouré la question du plaisir féminin, sommé de s’exprimer le plus discrètement possible. Le phénomène vécu par les femmes fontaines renvoie lui, au contraire, à une hypersexualité bestiale, soudaine et incontrôlable.

Abordée de cette façon, cette « éjaculation féminine » peut être vécue dans la honte. Certaines femmes en viennent ainsi à contracter leur périnée pour empêcher ce jaillissement de se produire, quitte à sacrifier leur plaisir pendant l’acte…

Qu’en pensent les hommes ?

Une des premières solutions pour permettre aux femmes fontaines d’assumer leur vie sexuelle est de diffuser un discours bienveillant et déculpabilisant à l’encontre de l’« éjaculation féminine ».

Et en la matière, le principal frein ne vient pas de la part de la gent masculine.

Et pour cause, la plupart des hommes trouvent une certaine fierté à déclencher ce phénomène chez une femme. Car dans un monde où la performance se retrouve à chaque étage de nos vies, un homme parvenant à produire une telle réaction chez sa partenaire peut y trouver une certaine satisfaction et la « preuve » de son « expertise » en matière de sexe.

Psychologiquement, on constate ainsi des sensations cognitives diamétralement opposés aux hommes souffrants d’impuissance sexuelle (manque de confiance, perte supposée de sa masculinité etc.)

L’expulsion incontrôlée de ce fluide renverrait en effet à l’idée d’un super-orgasme – quand bien même les femmes fontaines ne ressentent pas nécessairement plus de plaisir que les autres.

Femmes fontaines et heureuses de l’être !

Pour celles qui souhaiteraient dépasser les préjugés et ouvrir leur horizon sexuel, certaines astuces et techniques peuvent permettre de découvrir le monde des femmes fontaines.

Les témoignages obtenus auprès de femmes expérimentées évoquent la nécessité de passer par une stimulation vaginale à la fois longue et soutenue. Le moment de l’éjaculation est quant à lui qualifié d’extatique et d’euphorisant.

Souvent citée, la technique la plus efficace pour y parvenir est aujourd’hui connue sous le nom de méthode du « capitaine crochet ».

Selon cette dernière, il suffirait d’introduire deux doigts en forme de crochet dans la vulve puis d’exercer une pression douce sur le point G. Cette manœuvre permettrait ainsi de provoquer le déferlement de fluide tant recherché.

Cependant, comme chaque corps est différent, il est tout à fait possible qu’une technique particulière convienne à une femme et pas du tout à une autre. Il est de ce fait nécessaire de passer par une longue phase d’apprentissage de son corps et de ses sensations pour trouver la méthode optimale.

Toutefois, sur le plan psychologique, certains conseils s’appliquent à toutes les femmes. Il est notamment recommandé de se détendre au maximum et de rechercher un état de relâchement total.

Selon le sociologue Jacques Salomé, les femmes fontaines seraient, pour la plupart, des femmes ayant trouvé un partenaire sensible et attentif à leur sexe. Une relation qui favoriserait ainsi un abandon de soi propice à une forte « éjaculation ».

Pour les célibataires, il est également possible de se faire aider d’un sex toy (jouet sexuel) de type vibromasseur ou gode. Les plus timides pourraient aussi se sentir plus à l’aise de découvrir leur potentiel éjaculatoire en solitaire, loin du regard d’un homme ou d’une autre femme.

Quoi qu’il en soit, un meilleur partage de la connaissance est un prérequis nécessaire pour permettre à toutes les femmes fontaines de vivre l’acte sexuel dans la détente et non pas le stress.

En démystifiant les mythes et légendes entourant ce jaillissement soudain, les scientifiques et le grand public contribuent à banaliser ce qui n’est, après tout, qu’un simple phénomène physiologique.

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