Coronavirus : statistiques de notre étude ifop

Coronavirus (statistiques 2020): les inquiétudes et les réactions des Français – Illicomed & IFOP

L’actualité de ce début d’année 2020 est marquée par une crise sanitaire mondiale, le coronavirus, ou covid-19. Cet épisode épidémique que nous traversons touche de nombreux secteurs d’activités, comme l’économie (notamment celle des médicaments) et la politique ou encore la vie culturelle et artistique.

Face à l’angoisse grandissante d’une épidémie totale, à mesure que la carte du monde se colore de la propagation des nouveaux cas, les équipes d’Illicomed ont souhaité aborder le sujet en prenant cet angle social. Car le coronavirus est aujourd’hui un des sujets d’actualité numéro 1 qui n’échappe à aucune conversation, traduisant le besoin de lire pour s’informer, d’en parler pour se rassurer ou d’en rire pour évacuer.

Mais comment les français se sentent-ils dans ce climat d’inquiétude latent ? Ont-ils confiance en leurs institutions pour efficacement lutter et les protéger ? Sont-ils solidaires ou expriment-t-ils un rejet comme forme de protection ? En un mot, ont-ils cédé à la panique ?

Cette étude s’inscrit donc dans ce climat anxiogène, et cherche à mettre en lumière le véritable sentiment et ressenti des français, partagés entre angoisse, prudence et tous à la recherche d’informations claires.

Les résultats de l’étude

Coronavirus : etude ifop pour illicomed

Dans ce dossier, nous analysons toutes les statistiques récoltées et émettons des hypothèses concernant ces résultats. Si vous souhaitez consulter directement les données de notre enquête, vous pouvez les télécharger via ce lien:

La méthodologie employée

C’est dans ce cadre que l’enquête de Illicomed en partenariat avec l’IFOP a été réalisée auprès de 1004 personnes entre le 27 et 28 Février, soit en plein accroissement des cas en France.

Ce panel, âgé de 18 à plus, assure la représentativité de la population française au regard de 3 critères méthodologiques

  • sociodémographiques (sexe et âge de l’individu)
  • socioprofessionnels (profession de l’individu)
  • géographiques (région et taille de l’unité urbaine de la commune résidence).

Les résultats de l’enquête sont présentés autour de 5 résultats clés.

PARTIE 1: l’inquiétude, un sentiment croissant et majoritairement partagé.

Inquiétude coronavirus

De jour en jour, des nouveaux cas détectés et avérés sont annoncés et des situations exceptionnelles largement relayées, entre blocages de bateaux de croisières et mise en quarantaine d’agglomérations entières.

6 français sur 10 sont inquiets pour eux même et leur famille au sujet du coronavirus”

Avec eux, l’inquiétude monte aussi et c’est avec un premier chiffre notoire que l’on commence ce dossier, puisque au total, l’inquiétude pour soi même et sa famille face à l’épidémie de coronavirus s’exprime chez 61% des français.

47% des français déclaraient être inquiets pour eux-mêmes et leurs proches lors d’Ebola”

C’est le sentiment d’inquiétude le plus fort exprimé par les français lors des épisodes d’épidémie mondiale qui ont secoué ces quinze dernières années.

A titre de comparaison, en plein coeur de l’épidémie d’Ebola en 2014, 47% des français déclarent être inquiets pour eux-mêmes et leurs proches (soit 14% de moins).

“le sentiment d’inquiétude a gagné + 17 points par rapport à il y a un mois”

A noter également que cette inquiétude va croissante puisque il y a un mois à peine (29-30 Janvier 2020), moins de 50% des français exprimait cette inquiétude. Cette tendance, qui a grimpé de 17 points en un mois marque une différence majeure avec celle observée lors des épidémies précédentes, qui diminuait au fur et à mesure que les informations sur l’épidémie était rendue disponible (moins 8 points en l’espace de quelques semaines lors d’Ebola).

Ces deux tendances à la hausse révèlent la forte probabilité que ressentent les français du risque d’être contaminés par le coronavirus, contrairement à celui par Ebola. A titre de comparaison, l’idée que la contamination par Ebola était cantonnée à certains pays d’Afrique (même si des cas ont émergés hors du continent), la connaissance du virus par le passé et la présence d’ONG sur place ont permis de limiter très rapidement sa propagation. A l’inverse, coronavirus, puis covid-19, semble se déplacer plus vite et plus facilement, favorisé par le tourisme et les échanges fréquents avec ces régions épicentres du virus.

64% des plus de 65 ans sont inquiets (+6 points par rapport au 25-34)

Autre chiffre clé: c’est à tout âge que l’inquiétude se ressent.

Si les plus de 65 ans sont les plus inquiets (64% d’entre eux) du fait de leur surexposition au risque par leur âge, ils ne marquent qu’un écart faible de 6 points avec les moins inquiets, ceux de la tranche d’âge 25-34 ans.

76% des sympathisants politiques du Rassemblement National (RN) déclarent être inquiets”

Ainsi le sentiment d’inquiétude face au Covid-19 est palpable, et il l’est particulièrement chez les sympathisants politiques du Rassemblement National (RN), qui sont 76% a déclarer être inquiets contre 60% pour EELV ou LREM. C’est 15 points de plus que la moyenne des français.

De plus, 33% parmi les sympathisants RN sont “tout à fait inquiets”.  Le renforcement du sentiment d’inquiétude chez certains groupes d’individus est probablement lié aux discours politiques et positions prises sur le coronavirus par chacun des acteurs politiques.

68% des ouvriers (contre 54% des cadres et professions intellectuellessupérieures) sont inquiets”

Les catégories socioprofessionnelles sont aussi un marqueur de différence face à l’inquiétude ressentie au sujet du Coronavirus : 68% des ouvriers contre 54% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont inquiets.

A l’inverse, que l’on soit dirigeant d’entreprise, salarié du secteur public ou chômeur, ce sentiment d’inquiétude ne fait pas de différence entre les statuts d’emploi (variation de 3 points entre les 2 extrêmes).

En complément, 72% des gilets jaunes se disent inquiets.

Ainsi, les personnes traditionnellement plus sceptiques sont donc fortement représentées dans le sentiment d’inquiétude face aux coronavirus, ou Covid-19.

68% des habitants de la région parisienne se disent inquiets de la situation”

L’inquiétude est aussi régionale, avec un pic en région parisienne : 68% de ses habitants se disent inquiets, contre 56% en communes rurales. C’est aussi le cas des habitants de la région Nord Est (66%).

Pour les premiers, cela peut probablement s’expliquer par la forte densité de population de la région parisienne, qui conduit à des échanges plus fréquents entre individus et des probabilités augmentées de contracter le virus (tourisme, affaires etc).

Pour les seconds, l’absence de cas au moment de l’enquête et la propagation rapide en Europe font craindre l’arrivée de nouveaux cas et alimentent le sentiment d’inquiétude d’un virus “à nos portes”.

PARTIE 2: des français sévères sur l’action du gouvernement face au coronavirus

Action du gouvernement sur le coronavirus

Depuis le début de la crise officiellement survenue dès le 25 Janvier et les premiers cas apparus sur le territoire français, le gouvernement s’est exprimé sur le dispositif de crise mis en place afin de surveiller, contenir et prendre en charge les potentiels futurs cas détectés.

57 % des français estiment que certaines informations ont été cachées”

L’action du gouvernement est donc largement suivie par les médias et observée par les citoyens, ces derniers la jugeant assez sévèrement sur la communication et le partage d’informations lors de cette crise.

En effet, 57% d’entre eux estiment que certaines informations ont été cachées; ceci révèle un scepticisme chez les français, nourrissant le sentiment d’inquiétude fort exprimé par le 1er résultat de cette enquête.

La hausse (+ 11 points) de ce résultat en tout juste un mois traduirait-elle peut-être une “psychose” naissante qui n’est pas prête de diminuer à mesure que l’épidémie progresse?

67 % des jeunes estiment que certaines informations ont été cachées”

Et ce sont les plus jeunes et les jeunes qui sont les plus sceptiques : 61% des 18-24 ans et 67% des 25-34 ans déclarent douter que le gouvernement partage la totalité des informations dont il dispose, contre 49% parmi les plus de 65 ans.

Ce résultat fait écho à l’utilisation massive des réseaux sociaux et des sources d’informations diverses par les plus jeunes, qui leur permettraient d’apporter un autre regard et d’enrichir leur connaissance avec le risque d’être désinformés.

80 % des sympathisants RN estiment que certaines informations ont été cachées”

Les tendances politiques sont là aussi clivantes, puisque le scepticisme face à la transparence du gouvernement se retrouve particulièrement chez les sympathisants du RN (80%).

On retrouve la même tendance auprès des sympathisants LFI (76%). C’est logiquement que l’opposition forte affichée par ces partis à l’encontre du gouvernement actuel se traduit également dans leur confiance en l’action du gouvernement.

A l’inverse et toujours assez logiquement, seuls 30% des sympathisants LREM soutiennent l’idée d’une dissimulation de certaines informations par le gouvernement.

69% des ouvriers et chômeurs estiment que certaines informations ont été cachées”

On observe également que deux profils obtiennent les mêmes résultats : les catégories socioprofessionnelles et le statut de l’emploi. C’est respectivement chez les ouvriers et chômeurs que l’on retrouve la croyance de dissimulation d’information la plus forte : 69% pour chacun.

Traditionnellement, ils se rapprochent des personnes plus en réaction à l’égard du pouvoir, marquant leur scepticisme face aux pouvoirs publics.

87 % des gilet jaunes estiment que certaines informations ont été cachées”

C’est également chez les gilets jaune que l’on retrouve la croyance que le gouvernement a caché certaines informations, soit 87%. Ce résultat est étroitement lié au rejet du gouvernement et au manque de confiance des sympathisants du mouvement gilets jaunes qui dure depuis novembre 2018.

Cette tendance est confirmée par le fait que 51% des cadres et professions intellectuelles supérieures et 52% des dirigeants d’entreprise pensent que les informations n’ont pas été communiquées, soit 18 points en moins.

C’est un taux plus faible que la moyenne nationale (6 points) mais l’on constate que cela concerne tout de même la majorité d’entre eux.

44% des diplômés supérieurs estiment que certaines informations ont été cachées”

Enfin, les chiffres sur le niveau de diplôme – 44% des diplômés supérieurs contre 62% des diplômés du niveau inférieur bac nourrissent des doutes quant à la transparence du gouvernement – viennent confirmer les résultats précédents. Est-ce là l’hypothèse que plus le niveau d’éducation est élevé et plus la catégorie socioprofessionnelle est élevée, plus l’on a confiance en son gouvernement ? Ce n’est pas si simple comme le montrent les résultats suivants.

47% des français pensent que le gouvernement donne tous les moyens aux infrastructures pour éviter la propagation du virus”

Pour finir, la gestion de cette crise par le gouvernement d’un point de vue de sa réaction n’est pas en reste puisque moins de la moitié des français considèrent que le gouvernement a vite réagi (48%) et a pris les mesures sanitaires nécessaires (46%).

Un chiffre parle plus que d’autres : seuls 47% des français pensent que le gouvernement donnent tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour éviter la propagation du virus en France.

Ce chiffre est probablement lié à la crise de l’hôpital en France antérieure au coronavirus, et qui dénonçait déjà le manque de moyens et de personnels.

PARTIE 3: en proie à l’inquiétude, les français prêts à changer leurs habitudes de vie ?

Statistiques vie quotidienne coronavirus

L’apparition du coronavirus ou Covid-19 a bousculé la vie de certains français pris au coeur de l’épidémie : vols au départ et à destination des zones les plus touchées suspendus, bateaux de croisières bloqués, mis en quarantaine de plus de 300 français rapatriés du Wuhan à la mi Février …

Matchs reportés, salons et conférences internationales, événements artistiques et culturels annulés ou vidés de leur public… L’épidémie a même poussé le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles, comme interdire tous les « rassemblements de plus de 5.000 personnes » en milieu fermé et certains événements en extérieur.

Mais de manière plus ordinaire, l’enquête révèle que certains français sont aussi inquiets dans leur vie quotidienne.

52% des français déclarent être inquiets à l’idée d’emprunter les transports sen communs”

D’abord, 54% des français déclarent être inquiets à l’idée de se rendre dans un stade.

Si assister à une rencontre sportive reste moyennement fréquent, ce n’est pas le cas de l’utilisation quotidienne des transports par des millions de français, dont 52% se disent inquiets à l’idée de les emprunter.

56% des usagers quotidiens sont inquiets à l’idée d’emprunter les transports en commun”

Si on zoom sur le profil des français inquiets à l’idée d’emprunter les transports en communs, on remarque que la majorité des français sont inquiets peu importe leur fréquence d’utilisation avec un écart de 4 points seulement entre usagers quotidiens (56%) et non usagers (52%) étant inquiets à l’idée d’emprunter les transports en commun.

60% des habitants de l’agglomération parisienne ont l’inquiétude de prendre les transports”

Les résultats quant à l’inquiétude dans les transports sont logiquement liés au lieu de vie des répondants puisque 60% des habitants de l’agglomération parisienne ont cette crainte, soit 9 points de plus que ceux habitants en agglomération de province et 15 points de plus des habitants des communes rurales.

La taille de l’agglomération suit la même logique dans le fait d’être inquiet de se rendre au stade. Ainsi, vivre au coeur d’un tissu urbain étroit et d’un réseau de transports dense et multiple suscitent la crainte d’utiliser les transports et de se rendre au stade.

59% des répondants vivants en région parisienne et 56% habitants de la région Sud Est sont inquiets de se rendre au stade”

La zone de vie est aussi marquante dans l’inquiétude face aux transports publics, avec 2 régions qui se dégagent: d’abord, 59% des répondants vivant en région parisienne, une région à forte concentration de population et pourvu d’un réseau de transports dense, déclarent avoir l’inquiétude de prendre les transports en commun.

Puis et de manière surprenante, ce sont les habitants du Sud Ouest qui sont les plus inquiets (54%). On aurait pu s’attendre à ce que les régions proches de l’Italie du Nord développent ce sentiment d’inquiétude (lignes de train TGV et TER transfrontalières fréquentes entre Nice et l’Italie).

C’est dans le fait d’aller au stade que les habitants de la région Sud Est sont les plus inquiets (56%), mais seulement 2 points en deçà des parisiens.

59% des 50-64 ans déclarent être inquiets en prenant les transports en commun”

Que ce soit la crainte d’emprunter les transports ou de se rendre au stade, les plus âgés se dégagent nettement avec 59% des 50-64 ans qui déclarent être inquiets en prenant les transports en commun contre 46 pour les moins de 24 ans.

Cet écart de 13 points est assez révélateur de la crainte que le covid-19 toucherait davantage et plus facilement les plus âgés de la population.

Cette idée est d’ailleurs renforcée par l’écart similaire que l’on retrouve entre les deux tranches d’âge (12 points) dans la crainte de se rendre au stade.

l’inquiétude de se rendre au stade marque un écart de 22 points entre les diplômés du bac et inférieur (57%) et les diplômés du supérieur (41%)”

Enfin le niveau de diplôme est très clivant quant à l’inquiétude d’utiliser les transports, avec un écart de 16 points entre les diplômés du bac et inférieur (57%) et les diplômés du supérieur (41%). Il l’est aussi dans le fait de se rendre dans un stade, avec un écart de 22 points entre eux (respectivement 66% et 44%), crainte légèrement supérieure à celle d’utiliser les transports.

Le statut d’emploi n’est pas très influent sur la crainte d’utiliser les transports en commun (58% des dirigeants d’entreprise contre 51% pour le secteur public, soit un écart de 7 points) alors qu’il l’est dans celle de se rendre au stade (67% des dirigeants d’entreprise sont inquiets de se rendre au stade, soit 17 points de plus que le secteur public).

Au total, l’enquête révèlent des résultats assez élevés quant à l’inquiétude générée par deux pratiques a priori opposées par leur caractère : ordinaire d’une part (prendre les transports) et plus exceptionnel d’autre part (aller au stade). Et c’est justement cette opposition qui marque le signe d’une inquiétude grandissante face à un virus qui semble s’immiscer peu à peu dans tous les aspects de la vie. Cette inquiétude est au final liée à la forte probabilité de rencontrer de très nombreuses personnes porteuses du virus dans ces 2 types de lieux bondés.

“l’inquiétude de se rendre au bureau de vote présente chez 25% des français

Les résultats montrent aussi que cette inquiétude reste pour le moment maîtrisée, puisque moins d’un tiers d’entre eux sont inquiets lors d’activités quotidiennes, comme celle d’aller au restaurant (32%), de faire les courses (31) ou d’aller au travail (26).

Pour autant, et même si le chiffre reste faible comparativement aux autres, l’inquiétude pour 25% des français à l’idée de se rendre dans un bureau de vote pourrait fortement impacter la vie politique lors des prochaines semaines.

PARTIE 4: face à l’inquiétude, les français solidaires mais  retournent à l’entre soi

Etrangers coronavirus statistiques

L’épidémie de Coronavirus est d’abord apparue en décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine, dont la province Hubei est désormais connue pour être l’épicentre de l’épidémie mondiale.

Depuis, plusieurs personnes vivant hors de Chine, ont été infectées et des foyers secondaires connus notamment en Corée du Sud, en Iran ou encore en Italie, sont apparus. Fait d’actualité majeur, l’épidémie du coronavirus a également suscité des réactions symptomatiques d’une situation de crise, entre peur de l’autre et renfermement sur soi.

Leur manifestation la plus visible se trouve sur les réseaux sociaux entre propos ouvertement racistes et tweets se voulant humoristiques comme pour évacuer l’angoisse latente qui traverse la France.

L’enquête montre que 60% des français sont inquiets à l’idée d’être à proximité d’une personne asiatique, dont près de la moitié (27%) le sont beaucoup. Ce résultat est évocateur de l’inquiétude généralisée auprès de la population (pour rappel, 61% des français sont inquiets) avant d’être l’illustration d’un racisme. En effet, on retrouve un chiffre sensiblement identique en ce qui concerne les étrangers en général (57%) et les italiens (56%), un des autres foyers de l’épidémie.

Dès lors, l’analyse du profil des français inquiets à l’idée d’être en contact avec un asiatique peut se répliquer sur l’idée d’être en contact avec n’importe quel étranger comme un italien.

65% des diplômés du niveau inférieur au bac sont inquiets à l’idée d’être en contact avec une personne asiatique”

Ce sentiment d’inquiétude est particulièrement marqué chez les diplômés du niveau inférieur au bac (65% d’entre eux étant inquiets contre 50% des diplômés du supérieur) et chez les travailleurs du secteur privé (60%) à l’inverse du secteur public (47%).

Cet écart d’environ 15 points montre que le niveau de diplôme et le statut d’emploi sont des facteurs clivants.

74% des gilets jaunes interrogés disent être inquiet de rentrer en contact une personne asiatique”

A l’inverse, on observe qu’il n’y a pas de nette différence entre être cadres ou ouvriers puisque les deux déclarent à respectivement 59% et 61% être inquiets à l’idée d’être à proximité d’un asiatique. Cette absence de divergence marque comme vu plus haut, la réaction d’inquiétude généralisée et ressentie par respectivement 54 et 68 % d’entre eux.

Cette inquiétude est nettement supérieure chez les gilets jaunes, dont 74% répondent oui au fait d’être inquiet de toucher un asiatique.

54% habitants de la région parisienne ressentent l’inquiétude d’être en contact avec un asiatique”

La région révèle que 54% des habitants de la région parisienne ressentent l’inquiétude d’être en contact avec un asiatique contre 61% de ceux Sud Est et 65% de ceux de la région Nord Est, la plus inquiète.

Au Nord Est, cela traduit la crainte de voir les premiers cas survenir sur son territoire, tandis que la région parisienne qui connaît déjà ses premiers cas et qui avec Paris accueille de nombreux touristes asiatiques, nourrit moins cette inquiétude.

La taille de l’agglomération montre un écart de 6 points dans l’inquiétude au contact d’un asiatique entre l’agglomération parisienne (55) et de province (61): le faible écart montre que peu importe la région ou la densité de population, le fait d’être en contact une fois avec un étranger suscite l’inquiétude.

78% des français ne sont pas inquiets à l’idée d’être en contact avec un proche”

Au total ces résultats montre davantage qu’il y aurait un retour à l’entre-soi, avant d’être l’expression d’un racisme. En effet, ce retour à l’entre-soi est manifesté par le fait que 78% des français ne sont pas inquiets à l’idée d’être en contact avec un proche.

Cette idée de zone de confiance autour de personnes que l’on connaît se retrouve aussi dans le fait que seuls 37% des répondants déclarent être inquiets à l’idée de serrer la main à un voisin ou un collègue.

76% des sympathisants RN sont inquiets à l’idée d’être en contact avec un asiatique”

Enfin, 76% des sympathisants RN sont inquiets à l’idée d’être en contact avec un asiatique, dont 43% le sont beaucoup.

L’écart se creuse logiquement avec les sympathisants des autres mouvances (+ 25 points par rapport aux sympathisants PS/Générations), du fait d’appartenance extrême droite de RN qui, par nature et antérieurement à la crise du coronavirus, affiche des positions nationalistes et protectionnistes (sur le plan économique, sécuritaire etc).

Analyses croisées, hypothèses et conclusion de l’enquête

Cette étude révèle le sentiment d’inquiétude partagé et généralisé, mais en même temps maîtrisé avec la volonté de prise de recul sur une crise dont personne n’en connait l’évolution.

Presque un quart des français (61%) déclarent être inquiets, et près de la moitié sont inquiets à l’idée de prendre les transports en commun. Si 52% sont inquiets de se rendre dans les stades, pour autant, 68% continue d’aller au restaurant. Les résultats montrent donc que les français se sentent dans un climat anxiogène et sont prudents, sans pour autant céder à la panique.

Un deuxième résultat sillonne toute l’étude : les sympathisants RN sont les plus inquiets et les plus sceptiques quant à la dissimulation d’informations. Ils sont aussi parmi les plus nombreux à être inquiets de se rendre dans un stade ou dans les transports en commun, et encore les plus nombreux à être inquiets à l’idée d’être au contact d’un asiatique. On comprend le lien étroit qu’il y a avec le positionnement politique antérieur à la crise du coronavirus.

A l’inverse il est intéressant de constater que la région et la taille de l’agglomération sont des facteurs peu clivants sur le sentiment d’inquiétude. On pourrait s’attendre à ce que vivre dans une grande ville augmente significativement l’inquiétude du fait de la forte densité de population et d’échanges qu’elle impose, or seulement 12 points séparent les habitants des communes rurales et ceux de l’agglomération parisienne. De même, c’est en région parisienne que l’inquiétude d’être à proximité d’un étranger asiatique est parmi la moins forte (54%).

Enfin, face aux réponses qui révèlent que 60% des répondants sont inquiets à l’idée de serrer la main à un asiatique, et 46% à un asiatique français, l’expression du racisme peut être interprétée comme celle d’une inquiétude forte face à l’inconnu dans un climat d’angoisse généralisé.

Finalement, ces résultats peuvent aussi illustrer une crainte nourrie par le sentiment de ne pas avoir d’informations claires de la part du gouvernement (48%). La sanction venant de 57% des répondants qui pensent que le gouvernement a caché certaines informations est fortement liée à ce manque d’information.

Elle est aussi l’illustration d’une inquiétude due à la méconnaissance de la réalité de l’impact du coronavirus sur les individus et de la vitesse de propagation à l’annonce des nouvelles villes touchées. Tout cela nourrit davantage le sentiment que le gouvernement ne dit pas tout.

Ces réponses peuvent aussi adresser une autre sanction au gouvernement, puisque seuls 47% pensent que le gouvernement donnent tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour éviter la propagation du virus en France.

Dans ce contexte de l’hôpital en crise, la question de savoir si les pouvoirs publics seront aptes à dépister les nouveaux cas suspects à mesure qu’ils affluent, mais surtout de les prendre en charge ensuite, renforce toutes les inquiétudes.

Coronavirus : rappel sur le contexte actuel

L’épidémie décline peu à peu en Chine, selon l’OMS, et à l’inverse, le risque d’une propagation sur le reste du monde progresse avec 3 foyers actifs de l’épidémie identifiés.

329 nouveaux cas annoncés de #coronavirus en Chine en 24h (en diminution) Soit à ce jour 78,959 cas rapportés à l’OMS, dont 2791 décès .Ailleurs, on dénombre 4351 cas dans 49 pays et 67 décès #Covid_19 https://t.co/g3XMwb3QBO

— Le Doc (@Le___Doc) February 28, 2020

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Au moment de publier cet article (1er Mars), ce sont près de 88.257 personnes qui, dans le monde, ont déclaré la maladie. Parmi elles, 2996 en sont mortes et environ 33.000 personnes ont été guéries.

En France, 130 cas sont avérés depuis fin janvier, et 2 ont perdu la vie.

Le coronavirus (Covid19): 100 cas confirmé en France- HAUT DE FRANCE: 47 cas- AUVERGNE RHONE ALPES: 20 cas- NOUVELLE AQUITAINE: 8- ILE DE FRANCE: 4- PACA: 4- BRETAGNE: 4- PAYS DE LOIRE: 3- OCCITANIE: 3- NORMANDIE: 1- GRAND EST: 1#COVID19france #COVID2019 #Coronavirus pic.twitter.com/dioTCcNO4H

— Covid19 France (@Covid1961129469) March 1, 2020

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Ce 29 février 2020, le gouvernement Français a annoncé avoir franchi le stade 2 du plan de prévention et de gestion de l’épidémie. Ils espèrent ainsi pouvoir freiner la propagation du virus de façon efficace. Dans le cas contraire, il existe un stade 3 de ce plan de prévention avec des restrictions encore plus contraignantes pour le grand public.

#Coronavirus #COVID19 | Notre pays a franchi le stade 2 du plan de prévention et de gestion de l’épidémie. L’objectif des pouvoirs publics est de freiner la propagation du virus.☎️ Des questions ? 0 800 130 000 (appel gratuit)👉 https://t.co/SeQSsKcgnC pic.twitter.com/dRGBrOaaAP

— Gouvernement (@gouvernementFR) February 29, 2020

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Les conseils de notre équipe médicale pour traverser cette crise épidémique

Marie Caplot Pharmacien

Conseil santé partagé par:

Mme. Marie CaplotDocteur en Pharmacie et membre du comité éditorial d’illicomed

“Quelques gestes simples sont à mettre en place pour éviter la propagation du virus, pour ne pas être contaminé et ne pas contaminer son entourage.

Le lavage des mains très régulier, grâce à une solution hydro-alcoolique ou de l’eau et du savon est primordial. Toussez et éternuez dans votre coude, et non dans votre main. Utilisez des mouchoirs à usage unique, à jeter tout de suite après l’utilisation.

Le port de masque chirurgical n’est utile que si vous êtes malade, pour ne pas contaminer les personnes autour de vous.  De plus, il est important de rester chez vous si vous suspectez être malade, pour ne pas contaminer les personnes plus fragiles (personnes âgées, personnes avec un système immunitaire fragile, femmes enceintes, personnes présentant des difficultés respiratoires).

Si vous présentez les symptômes évoquant une contamination (forte fièvre, difficultés respiratoires), appelez le 15, ne vous présentez pas aux urgences, chez votre médecin ou à la pharmacie, ils vous indiqueront la marche à suivre.

Au moindre doute ou pour plus d’informations concernant le coronavirus, vous pouvez appeler le numéro gratuit 0 800 130 000 ou vous rendre sur le site du gouvernement https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus.”

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1 comment
mourad says 4 March 2020

comme tous les virus déjà connus …..corona sera du passé…..un autre arrivera…..c la vie…..une certitude ,malgré toutes les avancées de l’humanité…..nous sommes toujours vulnérables….

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